Le temple Qingyang

Le temple Qingyang de Chengdu est un célèbre temple taoïste situé dans le sud de la Chine. Fondé au IXe siècle, le Qingyang Gong est un vaste centre d'études taoïstes qui abrite encore une communauté très active de moines, de médecins de médecine traditionnelle chinoise, de professeurs de musique, de cours de Tai Chi Chuan, ainsi qu'un excellent restaurant végétarien. Selon la légende, c'est l'endroit où Lao Tseu, l'auteur du Tao Te Ching, est descendu des cieux. Le temple fut d'abord établi sous la dynastie Tang, vers 880 apr. J.-C., mais fut détruit sous la dynastie Ming. Depuis, il a connu de nombreuses reconstructions et phases de rénovation, mais il a toujours été un centre important dans le berceau du taoïsme.

Le Qingyang Gong est bien plus qu'un simple lieu abritant quelques statues de bronze. Ce temple est un ancien sanctuaire taoïste dédié à la mémoire de Lao Tseu (604 av. J.-C. - 531 av. J.-C.), le père du taoïsme. À l'intérieur, le magnifique Pavillon des Huit Trigrammes est délicatement orné de la théorie taoïste des « relations entre le yin et le yang, et des huit combinaisons qui produisent toutes choses sur terre ». Le site comprend six salles disposées sur un axe central, une salle d'impression de textes taoïstes à l'est, et une salle de vénération des sages taoïstes à l'ouest.

Les structures encore existantes — y compris les deux moutons de bronze à l'entrée — datent toutes de la seconde moitié de la dynastie Qing. Un festival des fleurs d'une durée de deux mois, dont les origines remontent à la dynastie Tang, est toujours organisé ici chaque année, débutant le 15e jour du deuxième mois lunaire (février/mars). Ce festival est une véritable effusion culturelle, avec des représentations d'opéra et de théâtre, ainsi que des expositions de fleurs (les pommiers d'ornement et les pruniers sont réputés dans toute la Chine), d'artisanat et d'oiseaux.

La Salle des Trois Purs (Sanqing Dian) est le bâtiment principal du monastère, mais le plus emblématique reste sans doute le Pavillon des Huit Trigrammes (Bagua Ting).

Dans la Salle des Trois Purs, se dressent trois statues monumentales représentant les divinités de la Nature, de la Vertu et de la Sagesse. Elles dominent deux créatures mystiques. Celle de droite ressemble à une chèvre, mais avec les griffes d'un tigre, la corne d'une licorne, une queue de serpent, et d'autres attributs issus du zodiaque chinois.

Le bâtiment le plus important du temple Qingyang est le Pavillon des Huit Trigrammes (Bagua Ting). La structure actuelle date de 1882. Il est soutenu par des piliers de pierre sculptés de figures de dragons, qui encadrent une statue grandeur nature de Lao Tseu, le fondateur mystique du taoïsme. Lao Tseu y est représenté monté sur un buffle.

Ce bâtiment octogonal, reposant sur un socle carré (symbole de la terre), s'élève à 20 mètres de hauteur et possède deux étages de toits retroussés recouverts de tuiles de céramique jaunes, vertes et violettes. Entre les toits, chaque face de l'octogone porte en son centre une plaque représentant les huit trigrammes, entourés d'un motif de svastikas, symboles du soleil ou du mouvement du feu.

Les 81 dragons sculptés sont censés symboliser les 81 incarnations de Lao Tseu, mais ce nombre est également lié à la numérologie chinoise et à la croyance selon laquelle le neuf est le chiffre le plus « accompli ».

1. La légende des deux chèvres de bronze et leur symbolisme dans le zodiaque chinois

Il s’agit de l’un des symboles les plus emblématiques du temple Qingyang. Outre la chèvre de bronze à la corne unique mentionnée précédemment, on peut ajouter que cette chèvre serait à l’origine un brûle-parfum en bronze ayant appartenu à Jia Sidao, un haut dignitaire de la dynastie Song du Sud. Elle fut offerte au temple par Zhang Penghé, un grand lettré de la dynastie Qing, qui l’avait acquise à Pékin. Une inscription gravée sur son socle relate cet épisode. Selon la croyance populaire, ces deux chèvres de bronze sont des « animaux sacrés capables d’éloigner les malheurs et les maladies ». Les fidèles viennent les toucher aux parties correspondant à leurs maux pour obtenir la guérison. Afin de protéger les originaux, ceux-ci sont désormais conservés à l’intérieur du temple ; une réplique en bronze, installée devant la salle Sanqing, a été dévoilée en 2004.

2. L’architecture du temple

Le temple Qingyang suit un plan axial comportant six grandes salles. Outre les bâtiments déjà décrits, on peut mentionner :

  • La salle de l’Origine Primordiale (Hunyuan Dian), reconstruite sous les Qing, ornée de 26 colonnes de pierre et de 2 colonnes de bois finement sculptées.

  • Le Pavillon des Huit Trigrammes, dont le socle à trois niveaux incarne la cosmologie taoïste du « ciel rond et de la terre carrée ». On y dénombre 81 dragons sculptés, symboles des 81 incarnations de Lao Tseu. Une légende raconte que l’un d’eux tenta de s’enfuir une nuit, mais fut cloué sur place par un coup de poing.

  • La salle de la Mère de l’Étoile Polaire (Doumu Dian), le seul bâtiment du temple ayant conservé son apparence d’origine de la dynastie Ming, entièrement en bois.

  • Les trois terrasses arrière (Jiangsheng Tai, Shuofa Tai, Zijin Tai), qui suivent la disposition astronomique des « trois étoiles ».

3. Les planches d’impression du Daozang Jiyao, trésor du taoïsme

Le temple conserve plus de 13 000 planches d’impression du Daozang Jiyao, datant de 1906. Il s’agit du plus important corpus de textes taoïstes encore existant au monde. En 1984, le temple a collaboré avec les éditions Bashu pour rééditer cet ouvrage précieux, contribuant ainsi à la préservation du patrimoine religieux chinois.

4. La légende de Lao Tseu et la fondation du temple

Selon la tradition, Lao Tseu aurait dit à Yin Xi, le gardien du col de Hangu : « Après mille jours, retrouve-moi au marché du mouton vert de Chengdu. » Au jour dit, Lao Tseu y réapparut pour enseigner à nouveau le Tao. Sous la dynastie Tang, l’empereur Xizong, fuyant la rébellion de Huang Chao, trouva refuge dans ce lieu. La découverte d’une brique de jade gravée de caractères auspicious l’incita à élever le temple au rang de « palais » (Gong), d’où le nom Qingyang Gong.

5. L’histoire mouvementée du temple

Fondé sous la dynastie Zhou sous le nom de « Marché du Mouton Vert », le temple fut détruit puis reconstruit à plusieurs reprises. Il fut élevé au rang de temple taoïste majeur sous les Tang, avant d’être ravagé sous les Ming. Les bâtiments actuels datent pour l’essentiel de la reconstruction sous les Qing, avec des restaurations récentes pour protéger les précieuses chèvres de bronze.